Le centre du Vietnam

Dans le taxi qui nous amène depuis l’aéroport de Da Nang jusqu’à notre hotel dans la petite ville d’Hoi An, nous avons l’impression d’avoir changé de pays. Les routes sont propres et larges et le rythme de la vie semble avoir ralenti. Il y a beaucoup plus de voitures et moins de scooters que dans le nord. Sur le trajet, nous passons devant une véritable exposition d’hotels de luxe! C’est un défilé de palaces aux immenses entrées ornées de fontaines bling bling et de palmiers éclairés en contre-plongée. Hilton, Four Seasons, Hyatt, Sheraton… toutes les grandes chaines y sont présentes! Ici aussi, la région connait un fort boom touristique. Nous avons l’impression que les immeubles se construisent à vue d’oeil avec des chantiers en fonctionnement parfois jusqu’à minuit! Le climat aussi a changé. Il fait chaud et nous nous acclimatons très vite à cette ambiance balnéaire après le froid humide des montagnes du nord. Nous nous empressons de sortir nos maillots et nos serviettes : première plage, premier coup de soleil, le sable entre les orteils, l’odeur iodée de l’air… je dois l’avouer : quel plaisir de de retrouver la mer!

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Dû à sa position géographique, la région du centre du Vietnam a été plus séverement frappée par les bombardements que le reste du pays. Le fait que le centre historique d’Hoi An ai été épargné tient du miracle. Ou plûtot la preuve que, malgré la folie meutrière de la guerre, les grandes forces en jeux à l’époque se sont entendues pour préserver cet héritage culturel unique au monde.

La ville est idealement située face à la mer de Chine, point de rencontre entre le nord et le sud du pays, mais aussi carrefour marchant centenaire entre les mondes européen, arabe, chinois et japonais. Les marchants profitaient alors des moussons d’été ou d’hiver pour aller et venir sur les mers. Les petites rues sont chargées d’histoire et c’est vraiment dans l’architecture de la ville que le mélange des influences devient évident. Les maisons coloniales aux murs jaunes cotoyoient des maisons plus modeste de style vietnamien, chinois ou japonais. Certaines des plus belles demeures sont ouvertes au public. Celles que nous avons eu la chance de visiter ont des dimentions coloniales, une toiture japonaise, une cour interieure de style vietnamien tandis que l’organisation des pièces suit les regles architecturale typique du sud de la Chine. C’est passionant de voir ces mélanges au sein d’un même batiment!

J’ai un coup de coeur pour ces toitures japonaises composées de cinq poutres de bois massif representant les cinq éléments, soit la terre, le feu, les métaux, le bois et l’eau, soutenues par trois poutres tranversales illustrant l’élevation, depuis la terre vers l’humain pour finalement rejoindre le paradis!

Il est suprenant d’apprendre que tous les ans, la majorité de la ville est inondée sous plusieurs mètres d’eau et de boue! Les maisons sont donc construites en conséquence ; même la petite trappe permetant de déménager les meubles à l’étage a été prévue!

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Dans l’ensemble de la vieille ville, de nombreux temples peuvent être visités. Très bien entretenus, il refletent aussi le mélange des styles. Alors que certains sont d’une grande sobriété, d’autres incarnent l’obsession du détails et du rafinement. Avec l’approche du nouvel an chinois, les hotels débordent d’offrandes en tous genres et les battons d’encens brûlent par dizaines.

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Hoi An a tout de charmant et de romantique. À la tombée de la nuit, des centaines de lanternes multicolores s’allument. Ces grappes de lumières se refletent dans l’eau du canal sur lequel les couples du monde entier naviguent en pirogue, allumant des bougies flottante qui filent sur l’eau au rythme calme du courant. Pendant notre séjour, nous passerons des heures à flanner dans les ruelles ou sur les quais.

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Une autre fierté de la ville : ses tailleurs! Historiquement reconnu pour son travail de la soie, Hoi An a vu proliferer ce type de commerce depuis quelques années. Avec près de 350 magasins en ville offrant tous approximativement la même chose, il est très difficile de faire un choix! Nous optons finalement pour un tailleur de renom, acceptant de payer plus afin d’éviter les mauvaises surprises! Même chez le meilleur, les prix au Vietnam restent quatre à cinq fois moins élevés qu’à la maison pour une qualité équivalente. Il est donc temps de refaire une garde robe! Entre le choix des modèles, des textiles, des couleurs et les nombreuses retouches, nous reviendrons 1 à 2 fois par jour pendant les 4 jours de notre séjour à Hoi An. Pour ma part, je repars avec trois complets, huit chemises, sept cravates et le portefeuille bien plus léger! En dehors d’être un bon investissement, ce fût aussi une vraie expérience de luxe à prix réduit. Après toutes ces heures d’essayages en chantonant ”pretty woman”, j’avais presque hâte de retourner travailler…bizarrement cette envie s’est rapidement evanouie!

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Nous avons aussi la chance d’être au Vietnam la semaine précedent Têt, le nouvel an chinois. Le pays tout entier se prépare au passage à l’année du coq! Équivalent à la période de Noël, les célébrations durent environ une semaine pendant laquelle les gens se retrouvent en famille. Les commerces ferment alors que les rues et les maisons se parent de rouge et de doré! Devant chaque foyer, des arbres à kumquat croulent sous le poid des fruits et des hôtels sont remplis d’offrandes. L’odeur de l’encens est omniprésente dans les rues. Pour l’occasion, nous sommes chaleureusement invités à partager un déjeuner avec la famille de notre maison d’hôte. Bien que toute cette effervescence soit agréable et culturellement enrichissante, elle constitue une contrainte majeure pour des touristes : il devient alors pratiquement impossible de se déplacer ou même de trouver un logement dans la semaine suivant le 25 janvier! Nous décidons donc qu’il est temps pour nous de traverser la frontière et de partir à la découverte du Laos.

Avant de quitter le pays, nous finissons notre séjour en passant trois jours à Hue, ancienne capitale sous la dynastie des Nguyen qui dura du début du 19eme siècle à la fin de la seconde guerre mondiale. La ville est connue pour sa cité impériale et ses tombeaux d’empereurs. Il s’avère que la cité impériale a pratiquement été intégralement rasée par les bombardements. Lors de la visite j’entends deux américains discuter entre eux : ”What we have done here is comparable to what ISIS did to Palmere last year.” (Ce que nous avons fait ici est comparable à ce que l’Etat Islamique a fait à Palmere l’année passée.) Je me dis que, de nos jours, il est rassurant de voir des américains avec cette présence d’esprit! Bien que la restauration du site chiffrée en dizaines de millions soit admirablement faite, les travaux sont toujours en cours et seulement une minorité des batiments ont été reconstruits. Par exemple, la Cité Mauve, ancien cœur de la cité et cour de l’empereur, reste un grand champ où l’on discerne à peine les fondations d’anciens batiments recouvertes par la végétation. Il n’empêche que ces lieux sont chargés d’histoire et imposent le respect.

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Depuis le début de notre séjour, nous avons été choyés par Mère Nature. Cette chance a pris fin 24 heures avant de quitter le pays lorsque la pluie et le froid ont décidé d’annuler nos plans de visites des tombeaux. D’autre part, nos liquidités sont tombée au plus bas la veille de notre départ. Nous avons un besoin urgent d’argent Laotien avant de passer la frontière! Sous une pluie battante, nous nous retrouvons dans une situation délicate : nous avons toutes les peines du monde à trouver un distributeur qui fonctionne. Malgré les dispositions prises pour éviter de telle situation (5 cartes reliés à 4 comptes en banque dans deux banques différentes), toutes nos transactions sont refusée sans explication! Le stress, la fatigue, la faim et le froid sont palpables. Face à l’adversité, nous serrons les dents et avançons. Après plusieurs heures de recherche, trempés de la tête au pied, nous arriverons finalement à retirer juste assez d’argent pour passer la frontiere sans crainte! Il faut maintenant courir jusqu’au marché avant sa fermeture pour échanger nos dongs vietnamien contre des kips laotiens! Le tout se fera évidemment à grand frais mais le soulagement du retour à la normale n’a pas vraiment de prix!

Ce dernier jour au Vietnam a été de loin le plus érpouvant depuis le début de notre voyage. Épuisés mais soulagés, nous finissons notre journée à l’hotel avec un gros verre de vin en se disant qu’après tout, ce genre de situation fait parti du prix à payer pour l’aventure que nous vivons!

3 thoughts on “Le centre du Vietnam

  1. Très beau texte, merci de nous faire voyager avec vous deux! Un petit bonjour de Montréal sous 20 cm de neige et ce n’est pas fini… sacrée marmotte.

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  2. Superbes description et photos de ton séjour au centre de Vietnam! Julien, qu’est-ce que tu vas faire avec trois complets et huit chemises à Laos? Daph, j’aime beaucoup tes pantalons rouges!

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