Komodo

Situé dans l’est de l’Indonésie, le parc national de Komodo semble  appartenir à un autre monde. Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO, cet archipel se situe au carrefour de forts courants marins venus du nord et du sud. Le relief abrupt et la force incroyable des océans ont fait de cette région une véritable merveille de la Nature. Sur terre comme dans l’eau, le parc national est reconnu mondialement pour sa biodiversité et ses nombreuses espèces endémiques, particulièrement ses célèbres dragons de Komodo.

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Situé à l’entrée du parc, le petit port de pécheurs de Labuan Bajo, sur l’île de Flores, nous servit de camp de base pendant notre séjour. Le premier matin, nous fûmes levés avant le soleil, marchant dans la nuit noire pendant que le muezzin chantait sa première prière de la journée. Seul le chan des coqs et la pétarade des moteurs vinrent perturber le silence de l’aube. Lorsque le monde autour de nous devint rose, notre petit bateau de bois filait déjà sur les eaux bleues marines agitées par la force des courants.

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L’île de Komodo est la plus grande des îles de l’archipel et la principale attraction du parc national. D’une superficie de 400 km², elle est peuplée de 2000 humains et d’environ le même nombre de dragons. Tout droit sortis du temps des dinosaures, ces gros varans format crocodile passionnent scientifiques et touristes du monde entier. Ils peuvent avaler l’équivalent de leur poids en un seul repas, se nourrissant d’oiseaux, de sangliers, de biches et parfois même d’humains. Leur bouche contient un immonde cocktail de bactéries qui se diffuse dans le sang, assurant la mort du mordu en 48 heures. Ces animaux à sang froid sont de redoutables prédateurs. Tapis dans l’ombre près de points d’eau, ils attendent là qu’une proie vienne s’abreuver. Ils restent immobiles pendant des heures avant de faire preuve d’une vivacité extraordinaire pour saisir leur victime. Bien que discrets et peu actifs, ces gros reptiles peuvent courir jusqu’à 50km/h.  Cependant, ils sont généralement fainéants et évitent autant que possible le corps à corps, surtout lorsque leur proie est trop grosse ou trop rapide. Ils se contentent plutôt de bondir soudainement pour mordre leur victime et ensuite la suivre  tranquillement à travers la jungle jusqu’à ce que celle-ci s’écroule, pourrie de l’intérieur par l’infection bactérienne. Pas très rapide certes, mais tellement moins fatiguant!

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Pour ajouter une petite touche de sympathie à ce profil peu attirant, les dragons de Komodo ont aussi la particularité d’être cannibales. Ainsi, les plus jeunes suivent leur instinct de survie et grimpent aux arbres dès que possible afin de ne pas se faire dévorer par les autres adultes, incluant leur propre mère.

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C’est donc surexcités mais peu rassurés que nous entrâmes dans ce décor aux airs de Jurassic Park.  Accompagnés de six autres personnes et de deux guides équipés de longs morceaux de bois, tous silencieux et en alerte, nous longeâmes des sentiers à travers la jungle, prêts à voir un de ces monstres affamés surgir de nulle part. La semaine précédent notre visite, un touriste désireux d’économiser les frais d’accompagnement (5€ par personne) pénétra seul dans le parc. Il se fit mordre et, malgré un traitement antibiotique de cheval, mourut en quelques jours. L’île de Komodo est grande et la jungle y est très dense. Parfois les visiteurs repartent bredouille sans voir la queue d’un lézard. Nous nous estimons chanceux d’avoir vu un bébé perché dans son arbre, un jeune sur la plage, ainsi qu’un adulte en attente d’une proie près d’un point d’eau.

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Padar est une des trois principales îles de l’archipel de Komodo. Inhabitée et très aride, sa formation remarquable offre une des plus belle vues panoramiques au monde. Bien que l’accession soit ardue et plein soleil, le sommet récompense amplement les visiteurs pour leurs efforts. De là haut, on peut voir toute l’île, ses quatre baies ainsi que l’ensemble du parc naturel.

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En plus de ses dragons, le parc de Komodo est aussi mondialement reconnu pour la richesse de ses fonds marins. Le relief accidenté et les très forts courants ont développé une faune exceptionnelle et une des flores coralliennes les plus riches du monde. Un jour, nous affrétâmes un bateau de pêcheur qui nous conduisit d’île en île. Armés de nos masques et de nos tubas, nous explorâmes les récifs de coraux et leurs habitants. Parmi les dizaines d’espèces de poissons que nous vîmes, ce furent les anémones abritant des nids de poissons clowns qui marquèrent notre journée.

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Le lendemain, nous nous levâmes une nouvelle fois aux aurores et partîmes explorer ces eaux extraordinaires. Ce fût une longue journée de plongée en bouteille qui nous permit d’admirer une multitude d’animaux marins : des tortues, plusieurs espèces de requins, des raies en tous  genres dont de majestueuses mantas, des pieuvres ainsi que toutes sortes de poissons et coraux. Les eaux de Komodo sont reconnues dans l’univers des plongeurs pour en mettre plein la vue!

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Parmi ces sites d’exception figure Batu Bolong. Tel un iceberg, ce petit rocher perdu entre les îles du parc est en fait le sommet d’une immense montagne sous-marine. Un très fort courant vient se briser en deux sur ce massif rocheux, créant ainsi une zone abritée de l’autre coté. Malgré la protection du rocher, la mise à l’eau y est périlleuse et demande beaucoup de concentration. Une fois immergés, le vertige nous prit : sous nos pieds se trouvait une falaise sous marine plongeant dans les eaux sombres alors que des milliers de poissons s’agitaient dans tous les sens autour de nous. Les consignes furent claires : restez près des rochers sinon le courant vous emportera! Effectivement, dès que l’on s’éloignait de la paroi, une force invisible nous saisissait en nous aspirant vers l’infini. Les mots manquent pour décrire de telles sensations alors que nous nagions dans un gigantesque aquarium; de la plongée sous-marine en format XXL! Il y avait tellement de choses à voir que l’on ne savait plus où regarder: des barracudas à droite, des requins à gauche, une tortue en bas, une raie en haut, des poissons à l’infini sur fond de coraux multicolores…

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C’est submergés par l’émotion et épuisés par l’intensité du moment que nous regagnâmes la surface. Ce fût en retrouvant l’air, le soleil, les sons, la parole que nous parvint la sensation d’être entrés par effraction dans un monde qui ne nous appartenait pas. Aujourd’hui, nous nous souvenons de cette journée comme d’un moment entre parenthèses. À croire qu’il fallut voyager de l’autre côté de la planète pour effleurer du bout des doigts cet univers dont la grandeur et la splendeur nous merveille et nous effraye.

 

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One thought on “Komodo

  1. You are going to run out of vocabulary to describe all the breathtaking scenery and wildlife you are encountering on this journey.

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